© 2017 Equilead by Vitaminds

Parfois, vous pourriez ne pas apprécier ce que vous voyez dans le miroir...

17/07/2017

 

Aujourd'hui, nous avons travaillé en liberté avec l'un de mes chevaux. Et comme à chaque fois, ce moment a été très riche en apprentissages, en termes de pleine conscience ou mindfulness comme disent les anglophones.

J'aime cette définition de la pleine conscience que j'ai découverte dans l'App Santé de mon iPhone : "la pleine conscience caractérise un état d'attention actif et ouvert sur le présent. Elle vous permet d'observer vos pensées et vos sentiments en prenant de la distance et sans leur porter de jugement. Plutôt que de ne pas vivre votre vie pleinement, la pleine conscience vous invite à vivre dans l'instant et à expérimenter le présent".

 

 

Notre travail a eu lieu en deux temps.

 

Dans un premier temps, nous étions seuls, sans enjeux de résultats, juste profiter de l'instant présent, ici et maintenant. Un moment d'échange authentique et simple, sans avant, sans après. De la complicité. Des encouragements. Du jeu. Du plaisir. Partir sur un cercle en liberté aux trois allures, enchaîner les transitions montantes et descendantes. Passer deux obstacles. J'étais ébahie par la qualité d'écoute, de compréhension et de coopération de mon cheval. J'étais émerveillée par son engagement. Je le félicitais sincèrement, souriante, le cœur empli d'admiration. Nous étions prêts pour le deuxième temps me semblait-il...

 

Le deuxième temps était celui de la vidéo que j'envisageais de poster sur la page Facebook d'Equilead. Plus d'ici et maintenant. Un enjeu inconscient de performance, de perfection (ou le driver "sois parfait") et de timing (ou le driver "dépêche-toi"). Ma tête se remplissait insidieusement de "pas trop de rushs", "il faut que cela tienne sur la carte mémoire", "il faut que ça aille vite", "il faut qu'on réussisse", etc., etc. 

 

Evidemment, rien ne s'est déroulé comme précédemment. Mon cheval avait la tête en l'air. Le cœur à autre chose. Je le trouvais distrait et peu engagé. Les obstacles ? Niet ! Les trois allures ? Sans grand enthousiasme, impulsion quasi nulle et avec des cercles aléatoires... Et évidemment, nos plus belles réussites avaient lieu quand j'oubliais cette foutue caméra pendant quelques secondes. Quand j'étais dans ma bulle avec mon grand gris. Quand je respirais et me relâchais. C'est évident : il n'était pas avec moi... Parce que je n'étais pas avec lui ! 

 

En revisionnant la vidéo, j'étais sidérée du peu de feedback positif que je lui donnais, des temps de repos presque absents ("allez, on enchaîne !"). Nous étions deux êtres vivants indépendants plutôt qu'un binôme collaborant harmonieusement à la poursuite d'un objectif commun. Nous ne dansions pas ensemble et j'essayais de lui faire enchaîner des mouvements. Peu de collaboration, beaucoup de top-down... J'étais amusée de voir mon cheval montrer de nombreux signes de décontraction lorsque je sortais du cérébral et revenais dans mon cœur. J'étais ébahie alors par la synchronisation de nos attitudes et mouvements. C'est cela qui me permet de jauger l'évolution de mon état intérieur et de décrypter les moments ici et ceux... ailleurs ;)

Cela m'a aussitôt rappelé une séance d'équicoaching avec un DG que j'accompagne sur le développement de son leadership et sa capacité à entraîner ses équipes dans ses projets. Avec le cheval qu'il avait choisi, il devait réaliser un parcours avec deux obstacles. Être présent, ferme mais pas agressif, se relâcher sans "lâcher l'affaire", prendre le temps de respirer, de féliciter, d'ajuster, de négocier le rythme dans une visée gagnant-gagnant, ne pas se précipiter seul en oubliant d'inviter et d'accompagner le cheval à le suivre et en croyant que le cheval suivrait le "patron"de facto. Apprendre à être attentif avec constance à ce qui se passe, sans pour autant s'épuiser à contrôler. Après quatre essais infructueux, et des ajustements à chaque essai, le cinquième fût le bon. 

 

En tant qu'équicoach, j'apprends constamment aux côtés de mes chevaux. Le cheval est en soi un véritable maître, si tant est que l'on accepte de se regarder dans le miroir. Comme le dit le horseman Buck Brannaman : "parfois, vous pourriez ne pas apprécier ce que vous voyez dans le miroir"... Quel beau et puissant apprentissage pour ceux qui ont l'humilité de regarder et se remettre en cause, sans jugement, en laissant son Parent Normatif au placard et en ouvrant juste son cœur à ce qui est. 

Please reload

Derniers posts
Please reload

Mots clés
Please reload

Newsletter

Des impressions, expériences ou suggestions a partager?